Les petites cases

Web sémantique

MOAT : donner du sens à vos tags

La folksonomie constitue une des fonctionnalités phare du Web 2.0. Son principe est finalement très simple : permettre aux utilisateurs de décrire des ressources (billet de blog, page Web, photos, vidéos...) par des mots-clés choisis librement. Elle offre, entre autres, les avantages suivants :

  • Améliorer la recherche d'information dans sa collection de ressources personnelles ;
  • Constituer un vecteur de sérendipité ;
  • Donner aux autres utilisateurs une idée du contenu de sa collection de ressources ;
  • Faire apparaître des réseaux sociaux implicites par l'utilisation commune de tags entre différents utilisateurs.

Peu à peu, les utilisateurs se sont pris au jeu et la folie du tagging s'est emparée de tous les internautes et plus simplement des afficionados du Web 2.0.

La folksonomie est devenue un formidable outil dont les possibilités semblent, d'ailleurs, encore largement sous-exploitées. Oui, mais, voilà, la folksonomie est limitée. Le tag n'est finalement qu'une chaîne de caractères dont le sens exact est connu du seul « taggueur » qu'un autre utilisateur peut éventuellement appréhender, mais en aucun cas une machine qui se repose uniquement sur la morphologie du tag pour l'exploiter. Ainsi, la folksonomie présente les désavantages suivants :

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SemWeb Camp à Paris

En attendant la suite de la série sur le Web sémantique (je bute sur l'écriture du prochain billet...), un billet en forme de publicité.

Samedi 16 février à partir de 9h30 aura lieu le premier SemWeb camp à Paris à la Cantine (151 rue Montmartre, dans le 2ème arrondissement de Paris), qui est, entre autres, le nouveau « quartier général » de la FING, co-organisateur de cette manifestation avec la communauté Websemantique.org. Tout le monde est évidemment le bienvenu pour partager ce que vous souhaitez (en rapport avec le Web sémantique ;-) ), comme il est de règle dans un WebCamp.

L'ambition de ce premier rendez-vous est modeste. Il s'agit essentiellement de se rencontrer, de faire connaissance et de réfléchir à l'organisation de la communauté du Web sémantique en France et d'autres manifestations du même type de plus grande envergure. Ce sera aussi l'occasion pour tous ceux qui s'intéressent au Web sémantique, du débutant au confirmé de partager et de mieux en comprendre les différentes technologies et les enjeux. Un grand merci à Olivier qui a lancé l'idée de ce rassemblement

J'espère donc que je pourrai vous y rencontrer nombreux !

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Du Web sémantique au web de données, 1ère partie

Si le Web sémantique atteint aujourd'hui le grand public, au point que Techcrunch repris par Internet Actu se demande quelle en sera la killer application, il reste une notion souvent mal comprise, objet de méprises voire de fantasmes. Et, pour cause, le Web sémantique est à la rencontre de domaines diverses : l'intelligence artificielle, la linguistique, les sciences de l'information et le Web pour ne citer que les principaux. Cette interdisciplinarité en a constitué à la fois la force et la faiblesse. De ce point de vue, l'article de Tim Berners-Lee, Ora Lassila et Jim Hendler dans Scientific American en 2001 en est un symbole, constituant un premier essai de synthèse entre les apports des différentes disciplines. Pour passer de la théorie à la pratique, sept années auront été nécessaires. Sept années qui ont vu les usages du Web changer, les concepts se préciser, les technologies se mettre en place. Si, aujourd'hui, la synthèse semble en bonne voie d'achèvement, il me semble utile d'en étudier la genèse et l'évolution pour préciser le concept de Web sémantique et ses applications possibles.

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Management de l'information Web sémantique Causeries — 

Google se met à FOAF

Alors que j'expliquais dans mon précédent billet en quoi FOAF constituait une réponse aux problèmes de contrôle des données personnelles et d'interopérabilité entre les services de réseaux sociaux, Google semble me donner raison avec la sortie d'une nouvelle API : Social graph API. Si Google a longtemps traîné des pieds avant de s'intéresser aux technologies du Web sémantique, nous étions beaucoup à penser qu'il ne leur faudrait pas énormément de temps le jour où il voudrait s'y mettre. Il semble que ce jour soit arrivé.

Qu'en est-il exactement ?

Pour faire simple, Social Graph API permet d'effectuer des requêtes sur les données indexées par Google et encodées avec FOAF, XFN (pour faire vite, l'équivalent de FOAF avec les microformats) et les profils publics de certains services comme MySpace. Grâce à cette API, vous pouvez, par exemple, retrouver les différentes personnes qui sont liées à vous par l'intermédiaire d'un FOAF ou d'un XFN, concaténer en un point unique les informations éparpillées entre vos différentes pages de profils des services auxquels vous êtes abonnés (cf. l'exemple de Plaxo Pulse)...

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FOAF : le réseau social garanti sans pub !

Vous en avez marre des pubs intempestives de Facebook, vous n'arrivez plus à gérer à la fois vos profils sur Linked in et Viadeo, vous vous dites que Google a suffisamment d'informations sur vous pour ouvrir un compte sur Orkut et vous voulez garder l'entière maîtrise des informations en ligne vous concernant, car vous êtes néanmoins convaincu qu'une présence en ligne est essentielle. Alors, n'attendez plus, créez votre fichier FOAF, mettez le en ligne et participez à la construction du graphe global géant. Cerise sur le gâteau, vous disposerez avec SPARQL d'une API standard réellement ouverte pour accéder aux données, contrairement à d'autres...

Vous allez me dire que je vous ai déjà fait le coup, il y a deux ans et que FOAF n'a pas constitué la première brique annoncée du Web sémantique. Alors, qu'est-ce-qui a changé pour justifier un regain d'intérêt pour FOAF ?

Premièrement, les technologies, nous disposons de nombreuses implémentations qui commencent à devenir matures de RDF et de SPARQL dans différents langages : PHP, Java et autres... et des frameworks pour construire simplement des triples store RDF sont disponibles.

Deuxièmement, les données disponibles en RDF, cette année a été très riche dans la mise à disposition de données en RDF : geonames, Dbpedia, revyu... L'initiative « Linked data » a permis d'accélérer le mouvement pour la création du Web sémantique ou, plutôt, du Web of data et l'appropriation des technologies sous-jancentes.

Troisièmement, la montée en puissance des réseaux sociaux est indéniablement le principal argument qui plaide en faveur de FOAF. Les usages sont peu à peu apparus, mais aussi les limites. Les utilisateurs prennent peu à peu conscience des dangers que représentent la mise à disposition de leurs données personnelles dans des services centralisés dont le modèle économique repose presque exclusivement sur la publicité.

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Stocker les triples

Dans un précédent billet, Iamhondjack notait avec justesse en commentaire qu'il ne fallait pas dissocier SPARQL et SQL de manière aussi stricte que je pouvais le faire. Il appuie son propos sur l'expérience de D2R server qui permet d'interroger une base de données relationnelles en SPARQL grâce à un mapping entre la modélisation de la base de données relationnelles et le modèle de graphe. Dans la foulée, Christian pose la question essentielle à savoir la performance et le temps de réponse.

Il semble que la question du stockage des triples RDF soit dans l'air du temps ce qui est logique, eu égard, à l'intérêt grandissant du Web of data. Ainsi, même si Tim Berners-Lee donnait déjà des premiers éléments de réponse dès 1998 dans un document intitulé Relational Databases and the Semantic Web (in Design Issues), un workshop organisé par le W3C et intitulé « RDF Access to Relational Databases » a permis de faire récemment le point sur la question. Une des conclusions de ce workshop est la nécessité de mettre au point une procédure normalisée de benchmark pour les triple store RDF sur le modèle de TPC pour les bases de données relationnelles.

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Verbatim Tim Berners-Lee

Pour finir ce week-end sous le signe du Web of data, je vous propose quelques extraits de l'excellente interview de Tim Berners-Lee dans le dernier numéro de la Recherche consacré à l'avenir d'Internet.

Sur le terme Web sémantique

Le terme sémantique prête un peu à confusion car la sémantique s'intéresse au sens du langage pour en déduire des constructions logiques. Du coup, certains ont pensé qu'il s'agissait d'un Web qui permettrait par exemple d'effectuer des recherches sur Internet en posant des questions sous forme de phrases, en langage naturel. Or ce n'est pas son but. En fait, nous aurions dû l'appeler dès le départ « Web de données ».

But du Web of data

[...] Créer un lien automatique pour relier les données qui sont stockées dans les différents fichiers et bases de données de nos ordinateurs. Actuellement, il faut utiliser des logiciels différents pour accéder à ces informations et on ne peut les comparer ensuite que manuellement.
[...]Il existe un énorme gisement de données enfouies dans tous les ordinateurs de la planète : en les reliant, le Web sémantique permettra d'exploiter cette mine pour améliorer nos connaissances dans de nombreux domaines.[...]

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Naviguer et rechercher dans le Web of data

Preuve supplémentaire de la maturité du Web of data, nous disposons, à l'instar de son grand frère le Web, de navigateurs et de moteurs de recherche spécialisés ne requérant aucune compétence particulière.

Petite revue de détail, en commençant par les navigateurs.

  • A tout seigneur, tout honneur, le premier d'entre eux mis au point par Tim Berners-Lee et son équipe : Tabulator développé en Javascript (Attention, ne fonctionne qu'avec Firefox). Outre la possibilité de naviguer dans des sources en RDF, il offre un moteur SPARQL, la possibilité d'afficher les données géographiques sur une carte, les événements sur un agenda ou une frise chronologique. C'est certainement le plus complet, mais aussi le plus geeky.
  • Dans le même ordre d'idée et proposant des fonctionnalités à peu près équivalentes, OpenLink RDF browser, qui sert de démonstration au produit Virtuoso server qui intègre, entre autres, un RDF store et sparql end point, de l'éditeur Open link software.
  • Plus simple et plus accessible, Disco hyperdata Browser mis au point par l'équipe de Dbpedia (ces types ne s'arrêtent jamais). L'interface est, disons, épurée, mais efficace. Fonctionnalité intéressante, il intègre un cache qui permet de disposer de tous les triples consultés récemment par les utilisateurs pour naviguer dans les sources RDF.
  • Pour finir, celui qui me semble le plus prometteur : Zitgist browser mis au point par Frederik Giasson. Aussi simple que Disco, mais avec une interface très agréable.

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Retour sur Freebase à la lumière du Web of data

Au mois de mars, Tim O'Reilly repris par Internet Actu définissait ainsi le but de Freebase : « Créer les synapses du cerveau global ». On y voyait les prémices de la première application concrète et accessible à tous du Web sémantique. Six mois plus tard, je vous propose d'y revenir, alors que le concept de Web of data et Dbpedia ont fait leur apparition.

Dans l'article d'Internet actu, Hubert citait Denny Vrandecic, concepteur de Semantic Mediawiki :

« Metaweb [nda : le concepteur de Freebase et par extension le logiciel qui fait tourner freebase] vient du monde des données structurées, même si la structure est ici flexible et changeante. Semantic Media Wiki vient du monde des données non structurées, qui peuvent être améliorées par quelques éléments de structure pour mettre en relation plusieurs éléments non structurés. ».

Cette analyse me paraît excellente, car elle pose tous les enjeux de Freebase et son mode de fonctionnement. Si on voulait caricaturer, je dirais que Freebase est un wiki structuré OU une base de données dont la modélisation peut changer à la demande de l'utilisateur qui peut librement saisir les données. Choisissez votre camp en fonction de votre origine : données non structurées ou données structurées.

Concrètement, Freebase est organisée sous la forme d'une taxonomie thématique (arts et divertissements, Société, Sport...). Chaque thème comprend des types de ressource (film, acteur, opera, pièce de théâtre, Personne, ville...) auxquels sont rattachés des propriétés. Ces propriétés peuvent relier une ressource à une autre ressource ou à une donnée typée (chaîne de caractères, date, nombre entier...). Si vous suivez ce blog attentivement, vous aurez reconnu le principe d'une ontologie qui présente la particularité d'une structure évolutive à la demande des utilisateurs.

Cerise sur le gâteau, Freebase propose pour gérer cette ontologie une interface très agréable, facile à manipuler et qui permet très simplement d'éditer une donnée, d'en ajouter, de relier une ressource à une autre.

Réaction immédiate : c'est génial, c'est effectivement la première application du Web sémantique ! En apparence et au premier abord, tout y est et il faut l'avouer, c'est impressionnant. Mais, à y regarder de plus près, deux problèmes se posent : l'un est technologique et l'autre est, je dirais, cognitif.

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Data, web of data, hyperdata : vivent les données !

Le monde du Web sémantique est en pleine ébullition en ce moment. Il ne se passe pas une semaine sans qu'une nouvelle ne fasse sensation et dépasse le cercle restreint des initiés. La dernière en date est sans conteste l'annonce de l'ouverture en bêta restreinte du service Twine qu'il me tarde de découvrir. Cette agitation est alimentée par le buzz fait autour du concept de Web 3.0 que beaucoup assimile au Web sémantique, sans, bien souvent, savoir exactement à quoi il fait référence.

Mais, au-delà du buzzword, il existe une vraie évolution et une réalité. Les technologies du Web sémantique arrivent à maturité, des applications concrètes commencent à poindre leur nez et les données décrites en RDF font peu à peu leur apparition sur le Web. Plus que le pseudo-concept de Web 3.0, la période qui s'annonce devrait être marquée par les concepts que renferment les expressions "hyperdata" et "Web of data". Ces termes montrent la voie que prend actuellement le Web sémantique, plus proche des utilisateurs et de la vision de Tim Berners-Lee que des tenants de l'intelligence artificielle. Il faut alors se souvenir des mots de Jim Hendler en forme de Mea Culpa qui avouait son erreur en intégrant les technologies de l'intelligence artificielle dans le Web sémantique.

Il ne faut évidemment pas tomber dans l'extrémisme et oublier tous les apports que peuvent avoir certaines de ces technologies, mais il est aujourd'hui certain que le Web sémantique ne se créera pas à partir des fondations de l'intelligence artificielle mais plutôt du Web.

J'espère avoir le temps de revenir plus en détail sur les concepts d'hyperdata et de Web of data et leurs conséquences dans de prochains billets. Mais, avant cela, pour vous convaincre ou vous permettre de comprendre, je vous propose trois ressources indispensables

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