Les petites cases

Data, web of data, hyperdata : vivent les données !

Commentaires

Plutôt que de parler de "Web of Data" je crois qu'on pourrait directement passer à la case "Web of Objects", un concept allant plus loin que le web sémantique mais qui semble être, paradoxalement, plus facile à réaliser car pouvant déboucher immédiatement sur des applications concrètes et relativement simples à appréhender : http://frenchblog.kindalab.com/2007/10/21/le-web-oriente-objet/
A noter l'interview de Tim Berners-Lee dans le numéro de La Recherche de ce mois où il aborde le "web de données".

@Manuel : Tu es culotté comme mec ;-) Tu assènes ton concept comme une évidence, comme s'il allait révolutionner le Web, dépassant le travail de tant de personnes sur le Web sémantique et remisant au placard les idées de Tim Berners-Lee lui-même... Ton billet comporte pas mal d'idées intéressantes, mais le terme d'objet me gêne profondément. Avec ce terme, tu enfermes les données et tu les associes voire les limite à un usage, alors que le but même, comme l'explique Robert Shimp que je cite dans ce billet, est précisément l'inverse : séparer les données de leurs utilisations, pour mieux les déconstruire, les reconstruire en les associant à d'autres données, les modeler à l'usage que tout un chacun pourrait en faire (comme les briques de légo à partir desquelles tu peux construire pleins d'objets). Au bout du compte, si tu y regardes de plus près, le web of data n'est pas si éloigné de ton idée : mettre à disposition des données structurées et les relier avec d'autres données structurées, sur le modèle de ce que tu appelles des fonctionnalités qui sont en réalité des liens typés.

Par exemple : prenons un commentaire, que je décris en RDF et je le mets à disposition sur ce site en lui ajoutant une propriété 'commentOf' l'URI vers ton billet http://frenchblog.kindalab.com/2007/10/21/le-web-oriente-objet/, en terme de prédicat, cela donnera . J'ai bien mis à disposition des données qui deviendront dans le contexte de ton billet un objet de type commentaire, mais qui pourrait dans un autre contexte devenir simplement un de mes écrits supplémentaires voire un billet de mon blog.

Les technologies du Web sémantique comportent donc tout ce qu'il faut pour mettre en place des réseaux sociaux décentralisés et c'est bien de Web of data dont il s'agit. Ainsi, si tous les services de réseaux sociaux exposaient leurs données en RDF, nous n'aurions pas besoin qu'un Google, tel les sauveurs du monde dans leur immense mansuétude, mette à disposition une API pour gérer l'interopérabilité (et au passage récupérer les données), elle serait native. Tu ne peux pas présager d'un usage qui pourrait être fait d'une donnée, elle possède une structure intrinsèque et l'usage est créé au fil de son utilisation. Nous avons trop souffert de la modélisation des processus en informatique, il est temps maintenant de penser directement au niveau des données et de créer l'usage ensuite.

Pour finir, nous pouvons déjà faire des choses vraiment intéressantes et très simplement avec les technos du Web sémantique et le Web of data. J'en veux pour preuve les exemples que j'ai construits avec DBpedia avec mon niveau médiocre en prog'. J'ai toujours pensé et j'essaye de le montrer sur ce blog, qu'il fallait voir ce qu'on peut faire avec ce qu'on a à notre disposition, avant de penser à la techno qui n'existe pas.

@Igor : Merci !

Tu as raison sur un point, je suis d'un genre culotté. :) Pour le reste je ne suis pas d'accord, les données ne suffisent pas, je crois qu'il faut en plus normaliser quelques processus fondamentaux comme le mécanisme d'abonnement, l'idée du Pingback pour actualiser les datahubs et autres datastores, ou encore quelque chose permettant de faciliter la propagation de l'information (entre autres fonctions) à travers les réseaux sociaux. Que faire de données sémantique si on ne dispose pas d'un certain nombre de processus normalisés ? Le web sémantique pourrait-il exister sans HTTP, REST, OpenID ou SPARQL ? N'a-t-on pas là des choses qui sont de l'ordre du processus (ou du protocole si tu préfères) et penses-tu que la liste doive s'arrêter là ?

Première chose, le Web sémantique pourrait exister sans REST et OpenID, ça n'a strictement rien à voir... Les seuls protocoles utilisés pour le Web sémantique sont effectivement HTTP et SPARQL. Pour le reste, que dire ??

On ne parle tout simplement pas de la même chose, je te parle de données et tu me réponds processus. Je ne peux pas répondre à ta question, parce que, selon moi, l'enjeu des technologies du Web sémantique ne se situe pas là, il se situe dans la mise à disposition des données, dans leur relation, dans un moyen standard de les décrire (RDF) et de les écrire (XML), de les interroger (le langage de requêtes SPARQL) et de transporter les réponses (le protocole SPARQL). Les données sont juste à disposition et chacun en fera l'usage qu'il souhaite. Ce ne sont pas tes idées que je remets en cause (au passage je te conseille de voir le travail fait autour de l'extension Semantic crawling du sitemap), personnellement, ces points ne m'intéressent pas, mais c'est le concept d'objet que tu en déduis. Il est contraire à l'idée de libération des données au coeur des enjeux du Web sémantique. Ce sont juste deux choses différentes.

En passant, tu devrais regarder le site/service Ping the semantic Web et l'extension Semantic Radar, il me semble que cela ressemble à tes idées...
Il me semble également que web of data est plus clair que web of objects. La seule critique que j'émettrais c'est que l'impact va au-delà du seul web. Je parlerais bien d'internet of data (pour faire écho à l'internet of things). Bien évidemment, en français, comme on traduit l'internet des choses en internet des objets, il va nous falloir trouver un terme plus séduisant. ;-).

La Recherche dans son numéro de novembre a traduit Web of data par Web de données dans l'interview de Tim Berners-Lee (au passage, excellente, j'en citerai des extraits, merci encore, Igor). Ce n'est pas forcément très heureux, mais elle est assez explicite.

En revanche, je ne vois pas pourquoi tu parles d'Internet of data. Au bout du compte, Internet, c'est la couche TCP/IP et les technos du Web sémantique sont au niveau de la couche HTTP. Mais, peut-être suis-je trop prosaïque ? Pourrais-tu expliciter ce que tu entends par Internet of data ?

Oui, tu es trop prosaïque ;-). Disons qu'il est impensable que cette intelligence des données ne touche que le Web. Comment ne pas croire qu'il ne va pas aller révolutionner l'e-mail, la messagerie instantanée (discuter avec des objets, avec des silos de données), etc. Faire que les mots que j'écris ou que je prononce appellent des applications et se transforment avant que d'arriver chez leur destinataire par exemple. Ce n'est pas qu'au niveau Web que cette révolution va avoir un impact, c'est bien sur tous les protocoles d'échanges de données.
Même si, je suis d'accord, HTTP risque d'être la couche qui les unira tous.
Hahaha ! Si je comprends bien bientôt en plus d'avoir des liens hypertextes cassés, on aura des des liens hyperdonnées cassées ! Il va falloir remttre quelques couche d'URI pérennes :-).

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